Odes funambulesques, 1857
À augustine Brohan
Thalie, amante des grands cœurs,Voix éloquente et vengeresse,J’ai bu les amères liqueurs :Prends mes chansons, bonne déesse.
Berce-les au bruit des grelots !Muse au beau front, nymphe homérique,De ta lèvre coule à grands flotsNotre inspiration lyrique.
Ton rire, comme un clair soleil,Épanouit les gaîtés franches,Pourpre vive, rosier vermeil,Éblouissement de dents blanches !
Que de fois, chancelant encorSous le mal dont je suis la proie,Tes accents de cristal et d’orM’ont rendu la force et la joie !
Oh ! Que de fois j’ai mendiéL’enthousiasme et l’ironieSur le théâtre incendiéPar les éclairs de ton génie !
C’est pourquoi, ne dédaigne pasLe pur diamant de mes rimes,Nymphe, dont j’ai baisé les pasSur la neige des grandes cimes.
Car sur ton front céleste a luiL’ardent rayon qui me déchire,Et nous nous aimons en celuiQui nous a légué son martyre.
Ô spectacle trois fois divinDe voir une telle écolièreTremper sa bouche dans le vinDont s’enivra le grand Molière !
Toi qui le charmes au tombeau,Thalie, Augustine, âme éluePour ce délire encor si beau,L’ode est ta sœur, et te salue.
septembre 1858.
Versification
- Forme
- 9 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 9(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 9 quatrains
- Mots à la rime
- a cœurs / liqueurs masculine, classiqueb vengeresse / déesse féminine, classiquea grelots / flots masculine, classiqueb homérique / lyrique féminine, classiquea soleil / vermeil masculine, classiqueb franches / blanches féminine, classiquea encor / d’or masculine, classiqueb proie / joie féminine, classiquea mendié / incendié masculine, classiqueb l’ironie / génie féminine, classiquea pas masculine, classiqueb rimes / cimes féminine, classiquea lui / celui masculine, classiqueb déchire / martyre féminine, classiquea divin / vin masculine, classiqueb écolière / Molière féminine, classiquea tombeau / beau masculine, classiqueb élue / salue féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
36 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Odes funambulesques, Paris, M. Levy, 1859· numérisation CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) http://www.cnrtl.fr/corpus/frantext/frantext.php· Sources