Petit traité de poésie française, 1881· XI. Conclusion
Vers de neuf syllabes, avec une seule césure placée après la cinquième syllabe
En proie à l’enfer —‖ plein de fureur,Avant qu’à jamais —‖ il resplendisse,Le poëte voit —‖ avec horreurS’enfuir vers la nuit —‖ son Eurydice.
Il vit exilé —‖ sous l’œil des cieux.Les fauves lions —‖ avec délireÉcoutent son chant —‖ délicieux,Captifs qu’a vaincus —‖ la grande Lyre.
Le tigre féroce —‖ avait pleuré,Mais c’était en vain,‖ — il faut que l’HèbrePorte dans ses flots —‖ mort, déchiré,Celui dont le nom —‖ vivra célèbre.
Puis divinisé —‖ par la douleur,À présent parmi —‖ les Dieux sans voiles,Ce charmeur des bois,‖ — cet oiseleurPose ses pieds blancs —‖ sur les étoiles.
Mais l’ombre toujours —‖ entend frémirTa plainte qui meurt —‖ comme étouffée,Et tes verts roseaux —‖ tout bas gémir,Fleuve qu’a rougi —‖ le sang d’Orphée !
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Ennéasyllabes· profil 5+4
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a fureur / horreur masculine, classiqueb resplendisse / Eurydice féminine, classiquea cieux / délicieux masculine, classiqueb délire / Lyre féminine, classiquea pleuré / déchiré masculine, classiqueb l’Hèbre / célèbre féminine, classiquea douleur / oiseleur masculine, classiqueb voiles / étoiles féminine, classiquea frémir / gémir masculine, classiqueb étouffée / d’Orphée féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Petit traité de poésie française, Paris, G. CHARPENTIER, ÉDITEUR, 1881· numérisation wikisource.org· Sources