Roses de noël, 1878
Pourquoi seuls ?
Eh bien ! mère, prenons‖ les souvenirs si doux,Le temps où tes enfants‖ jouaient sur tes genoux,Ta mère qui savait‖ encor comme on espère,La grandeur, la bonté‖ charmante de ton père,Et le mien tout amour,‖ comme je le revois,La Font-Georges vermeille‖ où se mêlaient nos voix,Et ma petite sœur‖ qui passait dans les herbes,Avec sa bouche rose‖ et ses grands yeux superbes,Et ses cheveux si fins‖ dans la brise envolés,Ce triomphe éclatant‖ des bleuets dans les blés,Et tes enfants jaseurs‖ qui, lassés de leur course,Tous deux s’agenouillaient‖ et buvaient à la source !O mère ! plongeons-nous‖ dans ce flot ! RevoyonsLes peupliers, les eaux‖ tremblantes, les rayons,Vos projets merveilleux,‖ tout ce temps où la vieDe pourpre et d’or, était‖ comme une aube ravieJetant ses feux rosés‖ dans l’azur empli d’yeux ;Prenons ces souvenirs,‖ ce passé radieux,Qui devant nous comme un‖ riant matin flamboie,Et renouvelons-nous‖ dans ce trésor de joie !Même quand le printemps‖ neige sur les tilleulsEt resplendit, pourquoi‖ nous sentirions-nous seuls,Puisque, gardant toujours‖ aux nôtres nos tendresses,Nos baisers, notre amour,‖ nos meilleures caresses,Nous n’avons pas des cœurs‖ lâches ni paresseux,Et puisque, pleins encor‖ du cher esprit de ceuxQui revivent baignés‖ par les clartés divines,Nous les sentons vivants‖ encor dans nos poitrines ?
19 novembre 1872.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 14((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 1 distique
- Mots à la rime
- a doux / genoux masculine, classiqueb espère / père féminine, classiquea revois / voix masculine, classiqueb herbes / superbes féminine, classiquea envolés / blés masculine, classiqueb course / source féminine, classiquea Revoyons / rayons masculine, classiqueb vie / ravie féminine, classiquea d’yeux / radieux masculine, classiqueb flamboie / joie féminine, classiquea tilleuls / seuls masculine, classiqueb tendresses / caresses féminine, classiquea paresseux / ceux masculine, classiqueb divines / poitrines féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Oeuvres poetiques completes, Paris, Honoré Champion, 1999· numérisation Peter Edwards· Sources