Les épaves, 1869· Galanteries
XI. Les promesses d’un visage
J’aime, ô pâle beauté,‖ tes sourcils surbaissés,D’où semblent couler des ténèbres ;Tes yeux, quoique très-noirs,‖ m’inspirent des pensersQui ne sont pas du tout funèbres.
Tes yeux, qui sont d’accord‖ avec tes noirs cheveux,Avec ta crinière élastique,Tes yeux, languissamment,‖ me disent : « Si tu veux,Amant de la muse plastique,
Suivre l’espoir qu’en toi‖ nous avons excité,Et tous les goûts que tu professes,Tu pourras constater‖ notre véracitéDepuis le nombril jusqu’aux fesses ;
Tu trouveras au bout‖ de deux beaux seins bien lourds,Deux larges médailles de bronze,Et sous un ventre uni,‖ doux comme du velours,Bistré comme la peau d’un bonze,
Une riche toison‖ qui, vraiment, est la sœurDe cette énorme chevelure,Souple et frisée, et qui‖ t’égale en épaisseur,Nuit sans étoiles, Nuit obscure ! »
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Octosyllabes et alexandrins (10 de 8, 10 de 12)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a surbaissés / pensers masculine, classiqueb ténèbres / funèbres féminine, classiquea cheveux / veux masculine, classiqueb élastique / plastique féminine, classiquea excité / véracité masculine, classiqueb professes / fesses féminine, classiquea lourds / velours masculine, classiqueb bronze / bonze féminine, classiquea sœur / épaisseur masculine, classiqueb chevelure / obscure féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Épaves, Amsterdam, À l’enseigne du Coq, 1866· numérisation wikisource.org· Sources