Les fleurs du mal, 1861· Supplément aux fleurs du mal
XXII. À Théodore de Banville
(1842)
Vous avez empoigné‖ les crins de la DéesseAvec un tel poignet,‖ qu’on vous eût pris, à voirEt cet air de maîtrise‖ et ce beau nonchaloir,Pour un jeune ruffian‖ terrassant sa maîtresse.
L’œil clair et plein du feu‖ de la précocité,Vous avez prélassé‖ votre orgueil d’architecteDans des constructions‖ dont l’audace correcteFait voir quelle sera‖ votre maturité.
Poëte, notre sang‖ nous fuit par chaque pore ;Est-ce que par hasard‖ la robe de Centaure,Qui changeait toute veine‖ en funèbre ruisseau,
Était teinte trois fois‖ dans les baves subtilesDe ces vindicatifs‖ et monstrueux reptilesQue le petit Hercule‖ étranglait au berceau ?
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc eef ggf
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a Déesse / maîtresse féminine, classiqueb voir / nonchaloir masculine, classiquec précocité / maturité masculine, classiqued d’architecte / correcte féminine, classiquee pore / Centaure féminine, classiquef ruisseau / berceau masculine, classiqueg subtiles / reptiles féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les fleurs du mal, Michel Lévy, 1868· numérisation wikisource.org· Sources