Les fleurs du mal, 1861· Tableaux parisiens
XCVI. À une passante
La rue assourdissante‖ autour de moi hurlait.Longue, mince, en grand deuil,‖ douleur majestueuse,Une femme passa,‖ d’une main fastueuseSoulevant, balançant‖ le feston et l’ourlet ;
Agile et noble, avec‖ sa jambe de statue.Moi, je buvais, crispé‖ comme un extravagant,Dans son œil, ciel livide‖ où germe l’ouragan,La douceur qui fascine‖ et le plaisir qui tue.
Un éclair… puis la nuit !‖ — Fugitive beautéDont le regard m’a fait‖ soudainement renaître,Ne te verrai-je plus‖ que dans l’éternité ?
Ailleurs, bien loin d’ici !‖ trop tard ! jamais peut-être !Car j’ignore où tu fuis,‖ tu ne sais où je vais,Ô toi que j’eusse aimée,‖ ô toi qui le savais !
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc efe fgg
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a hurlait / l’ourlet masculine, classiqueb majestueuse / fastueuse féminine, classiquec statue / tue féminine, classiqued extravagant / l’ouragan masculine, non classiquee beauté / l’éternité masculine, classiquef renaître / peut-être féminine, classiqueg vais / savais masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.9· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les fleurs du mal, Michel Lévy, 1868· numérisation wikisource.org· Sources