Les fleurs du mal, 1861· Spleen et idéal
XXXI. De profundis clamavi
J’implore ta pitié,‖ Toi, l’unique que j’aime,Du fond du gouffre obscur‖ où mon cœur est tombé.C’est un univers morne‖ à l’horizon plombé,Où nagent dans la nuit‖ l’horreur et le blasphème ;
Un soleil sans chaleur‖ plane au-dessus six mois,Et les six autres mois‖ la nuit couvre la terre ;C’est un pays plus nu‖ que la terre polaire ;Ni bêtes, ni ruisseaux,‖ ni verdure, ni bois !
Or il n’est pas d’horreur‖ au monde qui surpasseLa froide cruauté‖ de ce soleil de glaceEt cette immense nuit‖ semblable au vieux Chaos ;
Je jalouse le sort‖ des plus vils animauxQui peuvent se plonger‖ dans un sommeil stupide,Tant l’écheveau du temps‖ lentement se dévide !
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc eef fgg
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a j’aime / blasphème féminine, classiqueb tombé / plombé masculine, classiquec mois / bois masculine, classiqued terre / polaire féminine, classiquee surpasse / glace féminine, classiquef Chaos / animaux masculine, classiqueg stupide / dévide féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les fleurs du mal, Michel Lévy, 1868· numérisation wikisource.org· Sources