Les fleurs du mal, 1861· Spleen et idéal
XLII. Semper eadem
« D’où vous vient, disiez-vous,‖ cette tristesse étrange,Montant comme la mer‖ sur le roc noir et nu ? »— Quand notre cœur a fait‖ une fois sa vendange,Vivre est un mal ! C’est un‖ secret de tous connu,
Une douleur très simple‖ et non mystérieuse,Et, comme votre joie,‖ éclatante pour tous.Cessez donc de chercher,‖ ô belle curieuse !Et, bien que votre voix‖ soit douce, taisez-vous !
Taisez-vous, ignorante !‖ âme toujours ravie !Bouche au rire enfantin !‖ Plus encor que la Vie,La Mort nous tient souvent‖ par des liens subtils.
Laissez, laissez mon cœur‖ s’enivrer d’un mensonge,Plonger dans vos beaux yeux‖ comme dans un beau songe,Et sommeiller longtemps‖ à l’ombre de vos cils !
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abab cdcd eef ggf
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a étrange / vendange féminine, classiqueb nu / connu masculine, classiquec mystérieuse / curieuse féminine, classiqued tous / taisez-vous masculine, classiquee ravie / Vie féminine, classiquef subtils / cils masculine, classiqueg mensonge / songe féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les fleurs du mal, Michel Lévy, 1868· numérisation wikisource.org· Sources