Les fleurs du mal, 1861· Spleen et idéal
LXVIII. Tristesse de la lune
Ce soir, la Lune rêve‖ avec plus de paresse ;Ainsi qu’une beauté,‖ sur de nombreux coussins,Qui, d’une main distraite‖ et légère, caresseAvant de s’endormir‖ le contour de ses seins,
Sur le dos satiné‖ des molles avalanches,Mourante, elle se livre‖ aux longues pâmoisons,Et promène ses yeux‖ sur les visions blanchesQui montent dans l’azur‖ comme des floraisons.
Quand parfois sur ce globe,‖ en sa langueur oisive,Elle laisse filer‖ une larme furtive,Un poëte pieux,‖ ennemi du sommeil,
Dans le creux de sa main‖ prend cette larme pâle,Aux reflets irisés‖ comme un fragment d’opale,Et la met dans son cœur‖ loin des yeux du Soleil.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abab cdcd eef ggf
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a paresse / caresse féminine, classiqueb coussins / seins masculine, classiquec avalanches / blanches féminine, classiqued pâmoisons / floraisons masculine, classiquee oisive / furtive féminine, classiquef sommeil / Soleil masculine, classiqueg pâle / d’opale féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les fleurs du mal, Michel Lévy, 1868· numérisation wikisource.org· Sources