Poésies de Benserade, 1697· Stances, sonnets, épigrammes, etc.
L’Amour
LA Mère des amours,Tenant ses grands joursDans son siége d’yvoire,Prononce à sa gloire :À l’Amour on résiste en vain :Qui n’aima jamais, aimera demain.
Que nos cœurs soient contens,À ce gay printemps ;Et que le plus sévèreMe suive et révère :À l’Amour on résiste en vain :Qui n’aima jamais, aimera demain.
Chaque chose icy-basRessent mes appas ;Et si la Terre elle-mêmeRit au Ciel qu’elle aime,À l’Amour on résiste en vain :Qui n’aima jamais, aimera demain.
Le Ciel, pour la voir mieux,Ouvre tous ses yeux ;Et, la trouvant si belle.Brûle aussi pour elle.À l’Amour on résiste en vain :Qui n’aima jamais, aimera demain.
À cet exemple heureux,Doit être amoureuxTout ce qu’en soy resserreLe Ciel et la Terre,À l’Amour on résiste en vain :Qui n’aima jamais, aimera demain.
Versification
- Forme
- 5 sizains (sizains)
- Rimes
- 5(aabbcc)
- Mètre
- Vers de 5, 6, 8 et 10 syllabes (10 de 5, 9 de 6, 5 de 8, 5 de 10, 1 de 7)· profil 6, 5, (8), (7)
- Strophes
- 5 sizains
- Mots à la rime
- a amours / jours masculine, classiqueb d’yvoire / gloire féminine, classiquec vain / demain masculine, classiquea contens / printemps masculine, classiqueb sévère / révère féminine, classiquea icy-bas / appas masculine, classiqueb elle-même / aime féminine, classiquea mieux / yeux masculine, classiqueb belle / elle féminine, classiquea heureux / amoureux masculine, classiqueb resserre / Terre féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
30 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Benserade, Paris, Librairie des bibliophiles, 1875· numérisation wikisource.org· Sources