Poésies de Benserade, 1697· Stances, sonnets, épigrammes, etc.
Pour Madame de Leuville
PUISQU’IL faut que je parte,‖ il est de la justiceQue vous me traitiez bien‖ à ce moment fatal,Car je ne serai pas,‖ en montant à cheval,Un enfant qu’on apaise‖ avec du pain d’épice.
Je prétens recevoir‖ le prix de mon service,Dussé-je être appellé‖ mercenaire et brutal,Au reste, si l’amour‖ me suscite un rival,Songez que l’inconstance‖ est un étrange vice.
Je ne vous croiray pas‖ de l’humeur de ces sottesQui, dès qu’un pauvre amant‖ a pris ses grosses bottes,Au lieu de le pleurer‖ en méditent le troc.
En tout cas, je sçauray‖ vos pleurs ou vôtre joye,Si vous me plantez-là,‖ si vôtre oubly m’est hoc,Quitte pour vous payer‖ de la même monnoye.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a justice / d’épice féminine, classiqueb fatal / cheval masculine, classiquea service / vice féminine, classiqueb brutal / rival masculine, classiquec sottes / bottes féminine, classiqued troc / hoc masculine, classiquee joye / monnoye féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Benserade, Paris, Librairie des bibliophiles, 1875· numérisation wikisource.org· Sources