Œuvres complètes de Béranger, 1839
Dénonciation en forme d’impromptu
À PROPOS DE COUPLETS QUI M’ONT ÉTÉ ENVOYÉS PENDANT MON PROCÈS
Air du ballet des Pierrots
On m’a dénoncé, je dénonce ;Oui, je dénonce des couplets.La gaîté de l’auteur annonceQu’il peut figurer au Palais ;On voit, à l’air dont il vous traite,Que cent fois il vous persifla.Messieurs les juges, qu’on arrête,Qu’on arrête cet homme-là.
Il prétend rire des entravesQu’à la presse l’on veut donner.Il croit à la gloire des braves ;Pourriez-vous le lui pardonner ?Il ose vanter la musetteQui dans leurs maux les consola.Messieurs les juges, qu’on arrête,Qu’on arrête cet homme-là.
Il prodigue la flatterieÀ ceux qui sont persécutés ;Il pourrait chanter la patrie,C’est un grand tort, vous le sentez.De l’esprit qu’à ma muse il prête,Vengez-vous sur l’esprit qu’il a.Messieurs les juges, qu’on arrête,Qu’on arrête cet homme-là.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Béranger, Paris, H. FOURNIER AÎNÉ, ÉDITEUR, 1839· numérisation wikisource.org· Sources