Une Nouvelle Étoile télescopique, 1867· Épigrammes Lamentations, palinodies, imprécations, vanteries, épitaphes, méchancetés
« (*) O mes amis ! quand je mourrai »
(*) O mes amis ! quand je mourrai,Plantez un olivier sauvageSur la tombe où je dormirai :Aussi léger est son ombrageQue celui du saule éploré,Ce dont je me suis assuréPar un minutieux pesage ;Tout aussi pâle est son feuillage.Fécondez-le par le greffage,Et ses rameaux d’heureux présage,Longtemps le symbole et le gageDe la paix parmi les humains,Avant comme après les Romains,Et même dans le moyen âge,Qui le mit sous le patronageDes clercs, des prélats et des saints,Pour mon ombre aura l’avantage,Lorsqu’à minuit, las de dormir,Je viendrai rêver ou gémir,Affublé du linceul d’usage,Sur le seuil de mon sarcophage,D’éloigner le dur souvenirDe l’amertume du breuvage,Qu’un essaim de petits esprits,Plus prétentieux qu’érudits,Et de benets de tout étage,Me fit avaler si souvent,Pour avoir fait avec courageUn livre instructif et charmant,Appelé même un monument…(C’est vous qui tenez ce langage ! )Dont entre tous assurémentIls n’auraient pu faire une page.
33 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Une Nouvelle Étoile télescopique, Paris - Narbonne, MICHEL LEVY, LIBRAIRE - CAILLARD, LIBRAIRE, 1867· numérisation europeana.eu· Sources