Poésies, 1845‑1858· Idéal
L’étoile solitaire
Dans le ciel noir je vois reluireUne étoile au timide feu,Pâle comme un dernier sourire,Triste comme un baiser d’adieu ;
Pareille à la barque perdueQue l’on suit des yeux sur la mer,Tantôt dominant l’étendue,Tantôt plongée au gouffre amer.
On n’aperçoit pas d’autre étoile ;Les nuages sombres et lourdsSur l’astre, qui brille et se voile.Passent et reviennent toujours.
J’ai vu tes yeux, par intervalle,De la nuit sonder l’épaisseur ;Était-ce cette étoile pâleQue tu regardais, ô ma sœur ?
Je l’aime parce qu’elle est seule,Parce qu’elle brille et s’enfuit :Tel un grain broyé sous la meule,Telle une onde que l’onde suit !
Je l’aime comme toute choseQui subit la loi du trépas,Comme le sourire et la rose ;O ma sœur, ne l’aimes-tu pas ?
Plus tard tu la verras peut-être,Dans les nuages crevassés,Briller encore et disparaître ;Alors… pense aux beaux jours passés !
25 juillet 1857.
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 7(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a reluire / sourire féminine, classiqueb feu / d’adieu masculine, classiquea perdue / l’étendue féminine, classiqueb mer / amer masculine, classiquea étoile / voile féminine, classiqueb lourds / toujours masculine, classiquea intervalle / pâle féminine, classiqueb l’épaisseur / sœur masculine, classiquea seule / meule féminine, classiqueb s’enfuit / suit masculine, équivalentea chose / rose féminine, classiqueb trépas / pas masculine, classiquea peut-être / disparaître féminine, classiqueb crevassés / passés masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Prosper Blanchemain, Paris, LIBRAIRIE ANCIENNE ET MODERNE - ÉDOUARD ROUVEYRE, 1880· numérisation archive.org· Sources