Poésies, 1845‑1858· Idéal
L’œil du lézard
Regarde ! il court, il glisse, il rôde,Vif et léger, charmant à voir,Des vieux murs vivante émeraude,Le lézard à l’œil de jais noir.Sous le lierre qui le recèle,Il est trahi par son regard.J’aime à voir, comme une étincelle,Briller l’œil charmant du lézard.
Un œil noir en forme d’amande,Doux en face et fier de côté ;Un œil qui supplie et commande,Un œil ardent et velouté ;A la fois puissant et timide,De fasciner possédant l’art,Étincelant sans être humide,Tel est l’œil charmant du lézard.
Tel est aussi ton œil que j’aime,Ton œil qui m’atteint jusqu’au cœur,Soit qu’il ait la douceur suprême,Soit qu’il ait le souris vainqueur.Voilà le rêve qui m’attireAuprès des vieux murs à l’écart ;Voilà pourquoi j’aime à voir luireLe charmant œil noir du lézard.
Versification
- Forme
- 3 huitains (huitains)
- Rimes
- 3(ababcdcd)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 3 huitains
- Mots à la rime
- a rôde / émeraude féminine, classiqueb voir / noir masculine, classiquec recèle / étincelle féminine, classiqued regard / lézard masculine, classiquea d’amande / commande féminine, classiqueb côté / velouté masculine, classiquec timide / humide féminine, classiqued l’art / lézard masculine, classiquea j’aime / suprême féminine, classiqueb cœur / vainqueur masculine, classiquec m’attire / luire féminine, classiqued l’écart / lézard masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Prosper Blanchemain, Paris, LIBRAIRIE ANCIENNE ET MODERNE - ÉDOUARD ROUVEYRE, 1880· numérisation archive.org· Sources