Poésies, 1845‑1858· Idéal
Sonnet
Penser, lorsque l’on souffre,‖ au temps qui fut heureux,Est-il rien de plus triste‖ à l’âme solitaire ?Les oiseaux sont partis ;‖ voici l’automne austère ;Le bois secoue au vent‖ ses feuillages nombreux.Emportant un lambeau‖ de mon cœur douloureux,Ils ont fui tour à tour,‖ ceux qui m’aimaient sur terre ;Ils se sont envolés‖ au pays du mystère :Dépouilles des forêts,‖ pleuvez, pleuvez sur eux !Du bonheur fugitif‖ n’êtes-vous pas l’emblème ?Chaque jour je m’attriste‖ en vous voyant jaunir ;La mort qui vous moissonne‖ effleure mon front blême,Et j’ai besoin, pour croire‖ encore à l’avenir,Que ta voix consolante,‖ en me disant : Je t’aime !M’empêche de penser‖ et de me souvenir.
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abba abba cdc dcd
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a heureux / nombreux masculine, classiqueb solitaire / austère féminine, classiquea douloureux / eux masculine, classiqueb terre / mystère féminine, classiquec l’emblème / blême / t’aime féminine, classiqued jaunir / l’avenir / souvenir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Prosper Blanchemain, Paris, LIBRAIRIE ANCIENNE ET MODERNE - ÉDOUARD ROUVEYRE, 1880· numérisation archive.org· Sources