Les Mirages, 1897· Rome et venise· Souvenirs de Rome
I. Tombée de soir
DANS les lointains fleuris de crépuscules vagues,Où les rais du soleil sombré luisent encor,Rome baigne, imprécise, au milieu d’un décorQue le brouillard rosé couvre de frêles vagues.
On voit étinceler parfois comme des baguesLes dômes argentés et les coupoles d’or.L’aile des martinets, en un rapide essor,Déchire l’air ainsi que le tranchant des dagues.
Et la ville calmée, aux portes de la nuit,Paraît oublier l’heure et le temps qui s’enfuitPour se remémorer les vieux rêves de gloires
Qui du sol orgueilleux, tel un essaim vermeil,Surgissent, triomphants, et disent les victoiresDe l’immortel Passé sombré comme un soleil.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Mirages, Lyon, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1897· numérisation books.google.com· Sources