Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· III L’amour divin
XXII. A lord Byron
Ah ! vivre comme toi,‖ grand cœur désespéré,Et mourir comme toi‖ sur la terre étrangère ;S’enfuir en Orient‖ pour chercher la lumière,Et chanter jusqu’au bout‖ comme un cygne sacré.
Ayant tout épuisé,‖ l’amour, le vin doré,Toi, tu n’attendis pas‖ le commandeur de pierre ;Et tu sus te créer‖ une ivresse dernière,Trépassant en héros‖ et de gloire entouré.
Oui, la mer te lassait‖ de sa plainte éternelle,Car ton âme, ô Byron,‖ était plus grande qu’elle ;Et, fatigué de tendre‖ à l’Inconnu tes bras,
Tu voulus d’un seul bond‖ te jeter dans l’abîme,O poëte immortel,‖ effrayant et sublimeQui mourus pour un rêve‖ et qui n’y croyais pas !
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a désespéré / sacré masculineb étrangère / lumière fémininea doré / entouré masculineb pierre / dernière fémininec éternelle / qu’elle féminined bras / pas masculinee l’abîme / sublime féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources