Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· I La fleur des eaux
XLIII. « C’est une belle nuit glacée »
C’est une belle nuit glacée,Une de ces froides beautésQue l’on aime et qui font mourir ;Et je ne sais quelle penséeEn voyant les cieux argentésM’est venue avec un soupir.
En sa splendeur froide et tranquilleCette nuit d’hiver m’apparaîtUne jeunesse sans amour :L’éclat d’une lune stérileMe rend lugubre la forêtEt fait un spectre de la tour.
Dans cette horreur silencieuseNous seuls vivons, nous seuls aimonsQui portons une rose au cœur,Mais notre joie est soucieuse— Et la large brise des montsNous vient comme un souffle vainqueur.
Pour t’envelopper de jeunesse,Qu’un souvenir d’avril ancienParfume ta nuque et ton front —Aimons-nous, aimons-nous ! tristesse,Épouvante, n’y feront rienTant que nos lèvres s’uniront.
Versification
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a glacée / beautés / pensée fémininec mourir / soupir masculineb argentés / m’apparaît / forêt masculined tranquille / stérile fémininef amour / tour masculineg silencieuse / soucieuse féminineh aimons / monts masculinei cœur / vainqueur masculinej jeunesse / tristesse fémininek ancien / rien masculinel front / s’uniront masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources