Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· I La fleur des eaux
XLV. « Le stupide hasard qui gouverne le monde »
Le stupide hasard‖ qui gouverne le mondeVa Remporter bien loin d’ici,Et la mer te cachant‖ au repli de son ondeMe sera sourde et sans merci.
Quand tu seras partie,‖ ô chère bien-aimée,Le ciel me verra chaque nuitEn vain tendre les bras‖ vers la maison fermée,Pleine de silence et d’ennui.
Les jours passés vivront‖ en ma triste mémoire !Dans l’ineffable horreur des bois,Pour me chauffer le cœur‖ je n’aurai que la gloireDe tous nos soleils d’autrefois.
Et que j’aurai d’ennui‖ lorsque les violettes,En la printanière saison,Voluptueusement‖ reposeront leurs têtesSur le satin vert du gazon !
Que tout me sera triste,‖ et, dans la joie intenseDes oiseaux, du ciel et des fleurs,Comme je trouverai‖ funèbre cette danseD’odeurs de sons et de couleurs !
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Octosyllabes et alexandrins (10 de 8, 10 de 12)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a monde / onde féminineb d’ici / merci masculinea bien-aimée / fermée féminineb nuit / d’ennui masculinea mémoire / gloire féminineb bois / d’autrefois masculinea violettes / têtes féminineb saison / gazon masculinea intense / danse féminineb fleurs / couleurs masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources