Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· III L’amour divin
XXVI. « Nous portons les flambeaux qui doivent luire au monde »
Nous portons les flambeaux‖ qui doivent luire au monde,Aussi nous finissons‖ par nous brûler les doigts ;Et, pour admettre tous‖ les rêves à la fois,Nous nous ouvrons au flanc‖ une entaille profonde.
Il nous faut affronter‖ l’ouragan noir qui gronde,Pour entendre vibrer‖ la grande âme des bois ;Aux lueurs des éclairs‖ déchirant les airs froids,Dans le sombre océan‖ il faut jeter la sonde.
Quand orgueilleusement‖ nous regardons les cieux,Le vautour du destin‖ vient nous fouiller les yeux,Et sanglants, nous roulons‖ en criant sur l’arène.
Il faut souffrir bien plus‖ pour paraître vainqueur ;Moi, ce pauvre lambeau de pourpre que je traîne,Je l’ai teint dans le sang‖ le plus pur de mon cœur.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a monde / profonde féminineb doigts / fois masculinea gronde / sonde féminineb bois / froids masculinec cieux / yeux masculined l’arène / traîne fémininee vainqueur / cœur masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources