Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· I La fleur des eaux
XLVII. « Quel son lamentable et sauvage »
Quel son lamentable et sauvageVa sonner l’heure de l’adieu !La mer roule sur le rivage,Moqueuse, et se souciant peuQue ce soit l’heure de l’adieu.
Des oiseaux passent, l’aile ouverte,Sur l’abîme presque joyeux ;Le soleil dore la mer verte, —Et je saigne silencieuxEn regardant briller les cieux.
Je me sens déjà seul et vide,Comme un esquif abandonnéFlottant sur un fleuve livide,Qui traverserait, entraîné,Plus d’un grand pays étonné.
Je vois que le moment s’approche ;Et j’admire que le destin,Insensible comme la roche,Au ciel, gris et bleu, de satinFasse fleurir un tel matin.
Versification
- Forme
- 4 quintils (quintils)
- Rimes
- 4(ababb)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 4 quintils
- Mots à la rime
- a sauvage / rivage féminineb l’adieu / peu masculinea ouverte / verte féminineb joyeux / silencieux / cieux masculinea vide / livide féminineb abandonné / entraîné / étonné masculinea s’approche / roche féminineb destin / satin / matin masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources