Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· I La fleur des eaux
XXV. Tes cheveux
Défais tes cheveux, que l’on voieAvec mille reflets de soieOndoyer leur flot qui descend,Comme un soleil dorant les nues,Sur tes blanches épaules nuesEt sur ton dos éblouissant.
N’y laisse pas mordre ton peigne ;Que le flot t’enlace et te baigne,Et s’il te noie, eh bien, tant pis !Permets à cette étrange houleQu’elle s’enroule et se dérouleEt ruisselle jusqu’au tapis.
Demeure immobile, statueD’une chevelure vêtue :Que ne puis-je, ivre de désirs,Parmi l’or de tes folles bouclesFaire flamber les escarbouclesEt miroiter l’eau des saphirs !
Que tes cheveux versent de joie,Et quelle lumière flamboieAux yeux éblouis et grisés !Qu’ils sont fins, subtils et folâtres,Comme la cendre autour de l’âtreFuyant au souffle des baisers !
Laisse mes doigts nerveux les tordre,Ma bouche à belles dents les mordre !Et si, lasse d’amour, tu veuxQue notre extase enfin s’achève,Tu peux m’embaumer en plein rêveDans le linceul de tes cheveux.
Versification
- Forme
- 5 sizains (sizains)
- Rimes
- 5(aabccb)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 5 sizains
- Mots à la rime
- a voie / soie féminineb descend / éblouissant masculinea peigne / baigne féminineb pis / tapis masculinec houle / déroule fémininea statue / vêtue féminineb désirs / saphirs masculinec boucles / escarboucles fémininea joie / flamboie féminineb grisés / baisers masculinec folâtres / l’âtre fémininea tordre / mordre féminineb veux / cheveux masculinec s’achève / rêve féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
30 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources