Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· III L’amour divin
XVIII. « Tu m’as tendu les bras, ô puissante déesse »
Tu m’as tendu les bras,‖ ô puissante déesse,Nature qui semas,‖ dans ton luxe inouï,Les astres par milliers‖ dans le ciel ébloui,Comme les tourbillons‖ d’une poussière épaisse.
Tu me disais : « Ton cœur‖ a saigné de tendressePour un rêve léger‖ qui s’est évanoui ;Veux-tu m’aimer d’amour ?‖ » — Et vaincu, j’ai dit oui,Croyant boire à ton sein‖ l’éternelle jeunesse.
J’ai façonné mon cœur‖ à de telles amoursQu’en me voyant passer‖ silencieux toujoursLes autres me craignaient‖ et m’appelaient un sage.
Je ne sais pas si, comme‖ une femme, tu mens ;Mais tes soupirs de feu‖ m’ont brûlé le visageEt tu m’as étouffé‖ dans tes embrassements.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a déesse / épaisse féminineb inouï / ébloui masculinea tendresse / jeunesse féminineb évanoui / oui masculinec amours / toujours masculined sage / visage fémininee mens / embrassements masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources