Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· II La mort de l’amour
XLII. « Une nuit orageuse et toute sombre. A peine »
Une nuit orageuse‖ et toute sombre. A peineUn éclair entr’ouvrait‖ l’abîme du ciel noirEt me montrait la mer‖ épouvantable à voir,Qui semblait écumer‖ de colère et de haine.
Sur ta face roulaient‖ tes grands cheveux d’ébène,O ciel ! voilant tes yeux,‖ les étoiles du soir.Et sur la plage, seul,‖ veillait mon désespoir,Et j’écoutais le vent‖ comme une voix humaine.
L’amour agonisait‖ dans mon cœur désolé,Mon avenir s’était,‖ comme la nuit, voilé ;Et je pleurai longtemps.‖ — J’allais, fou, sans idée,
Laissant mes pleurs couler‖ et se sécher au vent ;Car je versais alors‖ mes derniers pleurs d’enfant,Et j’en voulus avoir‖ toute l’âme inondée.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a peine / haine féminineb noir / voir masculinea d’ébène / humaine féminineb soir / désespoir masculinec désolé / voilé masculined idée / inondée fémininee vent / d’enfant masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources