Les poëmes de l’amour et de la mer, 1876· III L’amour divin
XXX. « Vin de topaze, d’or, de rubis, d’améthyste »
Vin de topaze, d’or,‖ de rubis, d’améthyste,O recours éternel‖ des désespoirs humains !Je t’appelle, je prends‖ la bouteille à deux mains :Coule dans ma poitrine,‖ ô vin joyeux ou triste !
Va-t’en jusqu’à mon cœur,‖ mon lamentable cœur,Berce-le dans tes flots,‖ tant mieux si tu le noies !Et fais chanter en moi‖ le souvenir des joiesDont m’emplissait jadis‖ ta puissante liqueur.
Monte jusqu’à ma tête,‖ et que ma tête flambe ;Fais comme deux charbons‖ étinceler mes yeux ;Donne-moi la folie‖ et l’ivresse des dieux,Que je puisse hurler‖ un dernier dithyrambe.
Je suis triste à mourir,‖ triste comme la nuit.Mais n’es-tu pas le fils‖ de l’ardente lumière ?Rends-moi donc ma jeunesse‖ et ma force première,Chasse le cauchemar‖ qui toujours me poursuit.
Coule à flots, resplendis‖ dans le cristal des verres,Que les verres choqués‖ sonnent joyeusement ;Et que mon front s’empourpre‖ à ton rayonnement,O vin, dernier recours‖ des humaines misères !
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a d’améthyste / triste féminineb humains / mains masculinea cœur / liqueur masculineb noies / joies fémininea flambe / dithyrambe féminineb yeux / dieux masculinea nuit / poursuit masculineb lumière / première fémininea verres / misères féminineb joyeusement / rayonnement masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poëmes de l’amour et de la mer, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-éditeurs, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources