Poésies. festons et astragales, 1859
Chatterie
Je la vis seule,‖ aux derniers rangs assise ;Des feux du lustre‖ éclairée à demi,Elle courbait,‖ comme un chat endormi,Son dos frileux,‖ sous sa fourrure grise.
Sa main mignarde,‖ aux gestes ambigus,Dans un gant paille‖ avait rentré ses griffes ;Ses longs yeux verts,‖ comme deux escogriffes,Dévotement‖ fermaient leurs cils aigus.
A peine, au bord‖ de ses lèvres félines,Passait le bout‖ des petits crocs d’émail,Et son nez mince,‖ au rose soupirail,D’un souffle frais‖ baignait ses barbes fines.
Soudain la belle‖ (un homme était entré)Sembla frémir‖ sous ses noires dentelles,Et j’entendis‖ comme un bruit d’étincellesQui s’échappait‖ de son jupon moiré !…
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abba)
- Mètre
- Décasyllabes· profil 4+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a assise / grise féminine, classiqueb demi / endormi masculine, classiquea ambigus / aigus masculine, classiqueb griffes / escogriffes féminine, classiquea félines / fines féminine, classiqueb d’émail / soupirail masculine, classiquea entré / moiré masculine, classiqueb dentelles / d’étincelles féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies. festons et astragales, Paris, LIBRAIRIE NOUVELLE, 1859· numérisation gallica.bnf.fr· Sources