Poésies. festons et astragales, 1859
Le crapaud
L’ombre descend, la terre est brune,Tous les bruits meurent à la fois ;Seul, les yeux fixés sur la lune,Le crapaud chante au bord du bois.
Du vieux tronc qu’un lierre festonneIl sort ainsi, quand vient le soir ;Comme une flûte monotone,Sa voix monte sous le ciel noir.
Ah ! pauvre ami, vieux camarade !Que dit-elle à l’astre argenté,Ta longue et morne sérénadeQui pleure dans les nuits d’été ?
Crois-tu qu’enfin lasse et charméePar tes tristesses d’opéra,Au long d’une échelle enflammée,Ta Juliette descendra ?…
Tant que l’ombre étale ses voiles,Il reste là, s’évertuant,Sous le balcon d’or des étoiles,Roméo sinistre et gluant.
Puis il retourne vers son antre,Au premier sourire du jour,Traînant, dans l’herbe, son gros ventre,Plein de poisons et plein d’amour.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a brune / lune féminine, classiqueb fois / bois masculine, classiquea festonne / monotone féminine, classiqueb soir / noir masculine, classiquea camarade / sérénade féminine, classiqueb argenté / d’été masculine, classiquea charmée / enflammée féminine, classiqueb d’opéra / descendra masculine, classiquea voiles / étoiles féminine, classiqueb s’évertuant / gluant masculine, classiquea antre / ventre féminine, classiqueb jour / d’amour masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies. festons et astragales, Paris, LIBRAIRIE NOUVELLE, 1859· numérisation gallica.bnf.fr· Sources