La fleur d’or, 1874· Livre neuvième En Bretagne
La Chanson de l’Ermite
En Cornouailles.
LA chaumière où seul j’habiteEst petite,Mais elle est près d’un étangEt d’un bois jeune et flottantQui l’abrite.
Dés le matin sous mon chaumeTout embaume.Mes deux volets sont ouverts :Du chanvre et des genêts vertsQuel arôme !
Lorsque la chaleur arrive,Quand le givreSe cache au fond du blé noir,Je puise à mon réservoir.Une eau vive.
Enfin la fraîcheur retombe,La colombeRoucoule sur ma maison ;Moi, j’entonne une oraison :Le jour tombe.
Ainsi je vis en ermite.Dans mon gîte,D’eau, de parfum, de chanson ;Et la nuit je dis ton nom,Marguerite !
Marguerite, ô pèlerineBlanche et fine.En regagnant ton manoir.Dans mon clos viens donc t’asseoirEn voisine.
Versification
- Forme
- 6 quintils (quintils)
- Rimes
- 6(aabba)
- Mètre
- Heptasyllabes et trisyllabes (18 de 7, 12 de 3)· profil 7, 3
- Strophes
- 6 quintils
- Mots à la rime
- a j’habite / petite / l’abrite féminine, classiqueb étang / flottant masculine, non classiquea chaume / embaume / arôme féminine, classiqueb ouverts / verts masculine, classiquea arrive / givre / vive féminine, classiqueb noir / réservoir masculine, classiquea retombe / colombe / tombe féminine, assonanteb maison / oraison masculine, classiquea ermite / gîte / Marguerite féminine, classiqueb chanson / nom masculine, classiquea pèlerine / fine / voisine féminine, classiqueb manoir / t’asseoir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 1.5
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
30 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de Auguste Brizeux — LA FLEUR D’OR, Paris, Alphonse Lemerre, éditeur, 1981· numérisation wikisource.org· Sources