La fleur d’or, 1874· Livre troisième Au bord de la méditerranée
Le Rêve
CETTE nuit je rêvais.‖ Sous une forteresseMon corps était couché‖ (le rêve sait pourquoi),Et bombes et boulets,‖ lancés avec adresse,Tombaient incessamment,‖ tombaient autour de moi ;Tant que je m’écriai :‖ « Si le ciel ne m’assiste,Mon heure va sonner ;‖ à mon âge c’est triste ! »Résigné, j’attendais‖ un des terribles coups :« Qu’il vienne enfin, qu’il vienne‖ et creuse aussi ma tombe. »Mais rien ne m’atteignait,‖ car ma mère, à genoux,Écartait en priant‖ le boulet et la bombe.
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 1(ababccdede)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 dizain
- Mots à la rime
- a forteresse / adresse féminine, classiqueb pourquoi / moi masculine, classiquec m’assiste / triste féminine, classiqued coups / genoux masculine, classiquee tombe / bombe féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
10 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de Auguste Brizeux — LA FLEUR D’OR, Paris, Alphonse Lemerre, éditeur, 1981· numérisation wikisource.org· Sources