Poésies, 1884· Reliquiæ
Confession
I
Mon âme est un miroir célesteQui vers le soleil de l’amourSe tourne et dont l’éclat attesteLa force de l’astre du jour.
Il reflète le doux visageQui l’éclaire en le réchauffant ;Nul n’en pourrait alors, je gage,Supporter l’éclat triomphant.
Ses purs rayons, divine essence.Au ciel dont ils sont descendus,Par une élective influenceRetournent à jamais perdus.
II
Que l’astre ait cessé de sourire,Toutes les beautés du momentS’y reflètent sans y décrireLeurs contours en un trait charmant.
De l’étain la froide surfaceNe se laisse pas pénétrer ;Car Je miroir est une glaceOù nul regard ne peut entrer.
Les apparences de la terreY glissent, fantômes peu sûrs,Comme un nuage solitaireA l’horizon des cieux obscurs.
III
Qu’un peu plus tard la solitudeAit mordu l’étain réflecteur,Que le mépris, l’ingratitudeAient mis leur tare sur mon cœur.
Ce n’est plus un miroir céleste,La flint-glass aux tons irisés,C’est un tesson vulgaire, un resteDe flacon, de verres cassés.
O mon âme, je t’en adjure,Quel est ton état, le sais-tu ?— J’aime l’art moins que la nature,La beauté moins que la vertu !
Versification
- Forme
- Quatrains
- Rimes
- 9(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 3 quatrains
- Mots à la rime
- a céleste / atteste féminine, classiqueb l’amour / jour masculine, classiquea visage / gage féminine, classiqueb réchauffant / triomphant masculine, classiquea essence / influence féminine, classiqueb descendus / perdus masculine, classiquea sourire / décrire féminine, classiqueb moment / charmant masculine, classiquea surface / glace féminine, classiqueb pénétrer / entrer masculine, classiquea terre / solitaire féminine, classiqueb sûrs / obscurs masculine, classiquea solitude / l’ingratitude féminine, classiqueb réflecteur / cœur masculine, classiquea céleste / reste féminine, classiqueb irisés / cassés masculine, classiquea adjure / nature féminine, classiqueb sais-tu / vertu masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
36 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, LIBRAIRIE HACHETTE ET Cie, 1884· numérisation archive.org· Sources