Les voix intimes, 1892· Sonnets
A M. P.-C. Beaulieu
RÉPONSE
Oh ! qu’ils sont beaux ces jours‖ où la sainte espéranceEntonnait dans mon âme‖ un chant plein de douceur !Mon rêve se brisa,‖ je connus la souffranceEt pleurai, mais en vain,‖ ces moments de bonheur…
Berthe vivait pour moi ;‖ j’avais sa confiance.D’un amour grandissant‖ nous goûtions la saveur ;Le prêtre allait bientôt‖ bénir notre alliance,Mais Berthe un soir partit‖ pour un monde meilleur !
Je souffre maintenant ‒‖ oui, je souffre en silence ‒Et pourtant je bénis‖ l’austère ProvidenceQui me versa l’absinthe‖ et lui tendit le miel !
Je garderai toujours,‖ mon ami, souvenanceDe celle qui dora‖ longtemps mon existenceEt brille désormais‖ dans les splendeurs du ciel !
Avril 1880.
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abab abab ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a espérance / souffrance féminine, classiqueb douceur / bonheur masculine, classiquea confiance / alliance féminine, classiqueb saveur / meilleur masculine, classiquec silence / Providence féminine, classiqued miel / ciel masculine, classiquee souvenance / existence féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premières poésies, 1892· numérisation Project Gutenberg· Sources