Les voix intimes, 1892· Sonnets
Rose fanée
L’autre soir, en ouvrant‖ quelques feuillets de proseCachés sous la poussière‖ et jaunis par le temps,J’en vis rouler à terre‖ une petite roseQui me rappela l’heure‖ où j’avais dix-sept ans.
A sa tige pendait‖ un bout de satin roseOù j’aperçus le nom‖ d’un ange aux traits charmantsQu’autrefois j’adorai‖ mais, fleur à peine éclose,La mort vint la cueillir‖ à quatorze printemps…
Je priai ce soir-là ‒‖ le cœur plein de tristesse ‒Pour celle qui dora‖ l’aube de ma jeunesseDes rayons les plus purs‖ des plaisirs et des ris…
Depuis, un autre amour‖ a germé dans mon âme,Et je vois tous les jours‖ sa bienfaisante flammeIlluminer le cœur‖ de mes enfants chéris.
1er juin 1889.
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abab abab ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a prose / rose féminine, classiqueb temps / ans masculine, classiquea rose / éclose féminine, classiqueb charmants / printemps masculine, classiquec tristesse / jeunesse féminine, classiqued ris / chéris masculine, classiquee âme / flamme féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premières poésies, 1892· numérisation Project Gutenberg· Sources