Des vers français, 1906
Les Trois Roses
LE printemps triomphe soudain,Et trois roses, dans le jardin,Se sont ouvertes ce matin.
Nouvelles roses de l’annéeQui ne vivrez qu’une journée,Dites-moi votre destinée.
— Moi, dit l’une, don d’un amant,Dans la tiédeur d’un sein charmant,Je dois mourir languissamment.
L’autre a dit : — Dans le cimetière,Je dois, près d’un nom sur la pierre,Jeter mon haleine dernière.
Et la troisième a dit : — Le choixDe mon sort est meilleur. Je doisM’exhaler au pied de la Croix.
Je songe avec mélancolieA l’amour, si brève folie,Aux morts que trop vite on oublie.
Fleurs des amants, fleurs des défunts,Hélas ! vos destins sont communs.Ils se dissipent, vos parfums.
Roses tout à l’heure fleuries,Vous me semblez déjà flétries,Excepté toi, rose qui pries.
Car ton âme suave au CielVa monter, rose de l’autel,Et ton parfum est immortel.
Versification
- Forme
- 9 tercets (tercets)
- Rimes
- 9(aaa)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 9 tercets
- Mots à la rime
- a soudain / jardin / matin masculine, classiquea l’année / journée / destinée féminine, classiquea amant / charmant / languissamment masculine, classiquea cimetière / pierre / dernière féminine, classiquea choix / dois / Croix masculine, classiquea mélancolie / folie / oublie féminine, classiquea défunts / communs / parfums masculine, classiquea fleuries / flétries / pries féminine, classiquea Ciel / l’autel / immortel masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
27 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes de François Coppée, Paris, Alphonse Lemerre, 1925· numérisation poesies.net· Sources