Le cahier rouge, 1874
Aubade parisienne
Pour venir t’aimer, ma chère,Je franchis les blancs ruisseaux,Et j’ai l’âme si légèreQue j’ai pitié des oiseaux.
Quel temps fait-il donc ? Il gèle,Mais je me crois au printemps.Entends-tu, mademoiselle ?Tu m’as rendu mes vingt ans.
Tu m’as rendu ma jeunesse.Ce cœur que je croyais mort,Je veux pour toi qu’il renaisse ;Écoute comme il bat fort !
Quelle heure est-il ? Tu déjeunes ;Prends ce fruit et mords dedans.C’est permis, nous sommes jeunes,Et j’en mange sur tes dents.
Parle-moi, dis-moi des choses.Je n’écoute pas, je voisS’agiter tes lèvres rosesEt je respire ta voix.
Je t’aime et je t’aime encore ;A tes pieds je viens m’asseoir.Laisse-moi faire ; j’adoreLe tapis de ton boudoir !
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Heptasyllabes
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a chère / légère féminine, classiqueb ruisseaux / oiseaux masculine, classiquea gèle / mademoiselle féminine, classiqueb printemps / ans masculine, classiquea jeunesse / renaisse féminine, classiqueb mort / fort masculine, classiquea déjeunes / jeunes féminine, classiqueb dedans / dents masculine, classiquea choses / roses féminine, classiqueb vois / voix masculine, classiquea encore / j’adore féminine, classiqueb m’asseoir / boudoir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de François Coppée, Paris, Librairie L. Hébert, 1885· numérisation poesies.net· Sources