Sonnets intimes et Poèmes inédits, 1925· Deuxième partie
A deux sœurs
Édith rêve toujours‖ et toujours Jeanne rit ;La blonde lève au ciel‖ un regard de victime,Et la brune au dehors‖ répand sa joie intime.Ainsi l’étoile brille‖ et la rose fleurit.
Mais, quand un tendre émoi‖ naîtra dans votre espritPour l’homme heureux qui garde‖ encore l’anonyme,Vous sourirez, Édith,‖ — la rêveuse s’anime ; —Jeanne, vous rêverez,‖ — l’espiègle s’attendrit.
Sans trop savoir pourquoi,‖ dans votre âme naïve,Restez rieuse, Jeanne ;‖ Édith, restez pensive.Le temps où le cœur bat‖ sera trop tôt venu.
L’avenir à changer‖ de rôle vous condamne ;Et d’avance je porte‖ envie à l’inconnuQui fera rire Édith‖ ou fera rêver Jeanne.
Septembre 1878.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a rit / fleurit masculineb victime / intime fémininea esprit / s’attendrit masculineb l’anonyme / s’anime fémininec naïve / pensive féminined venu / l’inconnu masculinee condamne / Jeanne féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes de François Coppée, Paris, Alphonse Lemerre, 1925· numérisation poesies.net· Sources