Sonnets intimes et Poèmes inédits, 1925· Deuxième partie
A Émile mariotte
SUR SON VOLUME DE POÉSIES : LES DÉCHIREMENTS
Les hommes, qui sont tous‖ plus ou moins malheureux,N’ont pour les pleurs rythmés‖ qu’une pitié distraite.Ta plainte est éloquente‖ et la leur est muette.Leur orgueil n’aime pas‖ qu’on gémisse pour eux.
Oui, plus d’un doutera‖ de tes tourments affreux,Devant ton noir chagrin‖ détournera la tête,Dira : « Larmes d’enfant !‖ Désespoir de poète ! »Et laissera tomber‖ ton livre douloureux.
Du moins, ô pauvre ami‖ foudroyé dans l’orage,Qui souffres et combats‖ avec tant de courage,Je veux, comme un témoin,‖ paraître à ton côté
Et dire à tous, devant‖ ton œuvre triste et pure,En me portant garant‖ de ta sincérité :« Vous entendez le cri,‖ moi j’ai vu la blessure ! »
14 mai 1886.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a malheureux / eux masculineb distraite / muette fémininea affreux / douloureux masculineb tête / poète fémininec l’orage / courage féminined côté / sincérité masculinee pure / blessure féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes de François Coppée, Paris, Alphonse Lemerre, 1925· numérisation poesies.net· Sources