Sonnets intimes et Poèmes inédits, 1925· Deuxième partie
A un comédien
Parce qu’un philistin,‖ tartuffe sermonneur,A d’un salon guindé‖ pu te faire proscrire,Est-ce vrai, grand bouffon !‖ ton brave et large rireÉclaterait ce soir‖ avec moins de bonheur ?
Laisse donc. Le mépris‖ des sots te fait honneur.Reste dans ton théâtre‖ où c’est l’art qu’on respire.Ici le pâle Hamlet,‖ au nom du vieux Shakspeare,T’offre la bienvenue‖ au manoir d’Elseneur.
Sois fier du préjugé‖ qui t’écarte du monde ;Pour lui jeter de haut‖ la vérité féconde,Reste sur tes tréteaux,‖ volontaire exilé.
Ton art, comme la foi,‖ doit planer sur la foule ;Artiste, accepte-le‖ jusqu’au martyre, et fouleCes planches où le sang‖ de Molière a coulé.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a sermonneur / bonheur masculineb proscrire / rire fémininea honneur / d’Elseneur masculineb respire / Shakspeare fémininec monde / féconde féminined exilé / coulé masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes de François Coppée, Paris, Alphonse Lemerre, 1925· numérisation poesies.net· Sources