Sonnets intimes et Poèmes inédits, 1925· Deuxième partie
En hiver
(D’APRÈS LE TABLEAU DE PIERRE BILLET)
SUR la route en linceul changéePar deux longs mois de vent du nord,La petite passe, chargéeDe son lourd fagot de bois mort.
Comme l’horizon s’illumineDes lueurs d’un couchant d’hiver,Sa silhouette se dessine,Svelte et brune, sur le ciel clair.
Et moi, j’imagine ta vie,Enfant qui vas seule le soir,Portant ton fagot et suivieD’un vieux et paisible chien noir.
Pauvre, orpheline et sans famille,Et sauvage avec les garçons,Tu files l’hiver, humble fille,Et tu vas glaner aux moissons.
Triste ramasseuse de branchesQui cours si tard sans t’alarmer,Tu n’as qu’un bonnet des dimanches,Tu n’as qu’un vieux chien pour t’aimer.
Et cherchant, toujours solitaire,Blé pour ton pain, bois pour ton feu,Tu vis de ce qu’on trouve à terreComme les oiseaux du bon Dieu.
1875.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a changée / chargée féminineb nord / mort masculinea s’illumine / dessine féminineb d’hiver / clair masculinea vie / suivie féminineb soir / noir masculinea famille / fille féminineb garçons / moissons masculinea branches / dimanches féminineb t’alarmer / t’aimer masculinea solitaire / terre féminineb feu / Dieu masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes de François Coppée, Paris, Alphonse Lemerre, 1925· numérisation poesies.net· Sources