Poésie de Charles coran, 1887· Ironies
Épitre de saint pierre
AU PAPE
10 décembre 1881.
Mon successeur, la cour célesteEst dans un pitoyable état.Envoyez-nous, s’il vous en reste,De l’insecticide Vicat.
Saint Labre a par trop de vermine ;Il grouille encor plus que jadis.Tout saute ; et le Seigneur fulmine,Car on se gratte au Paradis.
Ce rustre heureux d’avoir la galeVient-il pour ronger nos élus ?Dans vos couvents qu’on le régale !Ici, personne n’en veut plus.
Pierre, m’a dit tantôt la Vierge,Tu tiens mal la communauté. »Elle a raison ; comme conciergeJe réponds de la propreté.
Je vais donc doucement, saint Père,Pousser votre Labre dehorsAvec un balai qui, j’espère,Laissera des poux sur son corps.
Mais à bientôt ! J’entends la foudreOn doit se gratter, j’ai compris.— Surtout, n’oubliez pas la poudre…Tirez au besoin de Paris.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources