Poésie de Charles coran, 1887· Ironies
High Life
Dames des classes distinguées,Vrai, je ne vous reconnais plus ;Allez-vous finir reléguéesParmi les êtres superflus ?
La femme, hélas ! se déshonoreA bêtiser dans vos cerveaux.La frivolité vous dévore ;On vous prendrait pour des oiseaux.
Vous jouez les faisans de Chine :Vos plumages extravagantsSur le front, la gorge, l’échine,Voudraient deux pattes dans vos gants.
Tandis que la simple ouvrièreS’acharne à conquérir ses droitsDe citoyenne aujourd’hui fière,Comment vit-on dans vos endroits ?
On consacre les matinéesAux chiffons devant un miroir ;Et l’on dépense ses journéesPar la ville a se faire voir.
Vous gardez un jour aux visites :Il y vient un tas d’étourneauxEt de linottes parasitesJacasser selon leurs journaux ;
Mais à l’amitié pas une heure,Pas un coin où penser soit doux.— Eh quoi ! penser dans sa demeure !Cela regarde les hiboux. —
Courez donc le Bois et les rues !Sardou vous nomma Benoiton ;Eux, les gamins, traitent de gruesLes personnes d’un pareil ton.
Aussi, pour mes vers quelle honteDe vous avoir donné mon cœur !Las ! disons que ce fut un conte,Le jeu d’un perroquet moqueur.
1879.
36 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources