Poésie de Charles coran, 1887· De 1855 a 1857
A une source
Source qui dors au frais sur une blonde argile.J’enviais pour mon cœur le sommeil de tes eaux.Assis parmi tes joncs sous tes sveltes bouleaux,Déjà je m’accoudais en pasteur de Virgile ;
Quand vient sur l’autre bord, bras nus, d’un pas agile.Bergère dont la soif court après les ruisseaux.Ses doigts impatients écartent les roseauxEt puisent. C’en est fait de ton calme fragile.
Eau qu’une femme émeut dans ton recueillement.Qu’ai-je à te jalouser, trop mobile élément’-’Je rêvais m’assagir selon ta paix profonde ;
Mais la nymphe qui boit dans le creux de sa mainJette un regard sur l’homme assis près du chemin ;Et mon repos troublé frémit comme ton onde.
1855
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources