Poésies de Charles coran, 1887
A la fantaisie
Si j’adresse mes vers, c’est à toi, Fantaisie :Muse qui l’inspiras, défends ma poésie.Tu permets qu’un rimeur laisse gaîment courirSes goûts vers l’inconnu, sans jamais s’y flétrir.Les miens, sous ta conduite, ont le caprice adulteQui de tout s’émerveille, à tout consacre un culte :Il leur faut les palais, les tableaux et les dieux,Les femmes et les fleurs dont s’emplissent mes ^yeux.Alors tu m’enhardis, et, si parfois j’abuse,A ton compte tu prends mes licences, ô Muse !Reçois donc le tribut de mon premier essor :Ici j’aurais voulu t’offrir un trépied d’or ;Trop pauvre, j’ai fixé, sculpteur d’infime taille,Sur un onyx laiteux ton profil en intaille.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources