Les amours jaunes, 1873· Les amours jaunes
La pipe au poète
Je suis la Pipe d’un poète,Sa nourrice, et : j’endors sa Bête.
Quand ses chimères éborgnéesViennent se heurter à son front,Je fume… Et lui, dans son plafond,Ne peut plus voir les araignées.
… Je lui fais un ciel, des nuages,La mer, le désert, des mirages ;— Il laisse errer là son œil mort…
Et, quand lourde devient la nue,Il croit voir une ombre connue,— Et je sens mon tuyau qu’il mord.
— Un autre tourbillon délieSon âme, son carcan, sa vie !… Et je me sens m’éteindre. — Il dort —
— Dors encor : la Bête est calmée,File ton rêve jusqu’au bout…Mon Pauvre !… la fumée est tout.— S’il est vrai que tout est fumée…
Paris — Janvier.
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 2[aa] 2[abba] 1[abbacca]
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a poète / Bête féminine, classiquea éborgnées / araignées féminine, classiqueb front / plafond masculine, classiquea nuages / mirages féminine, classiquea mort / mord / dort masculine, classiqueb nue / connue féminine, classiquec délie / vie féminine, classiquea calmée / fumée féminine, classiqueb bout / tout masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
19 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Amours jaunes, Paris, LIBRAIRIE DU XIXe SIÈCLE ‒ GLADY FRÈRES, ÉDITEURS, 1873· numérisation Project Gutenberg· Sources