Le Coffret De Santal, 1879· Chansons perpétuelles
L’Été
A Laure Bernard.
C’est l’été. Le soleil dardeSes rayons intarissablesSur l’étranger qui s’attardeAu milieu des vastes sables.
Comme une liqueur subtileBaignant l’horizon sans borne,L’air qui du sol chaud distilleFait trembloter le roc morne.
Le bois des arbres éclate.Le tigre rayé, l’hyène,Tirant leur langue écarlate,Cherchent de l’eau dans la plaine.
Les éléphants vont en troupe,Broyant sous leurs pieds les haiesEt soulevant de leur croupeLes branchages des futaies.
Il n’est pas de grotte creuseOù la chaleur ne pénètre,Aucune vallée ombreuseOù de l’herbe puisse naître.
Au jardin, sous un toit lisseDe bambou, Sitâ sommeille ;Une moue effleure et plisseParfois sa lèvre vermeille.
Sous la gaze, d’or rayée,Où son beau corps s’enveloppe,En s’étirant, l’ennuyéeOuvre ses yeux d’antilope.
Mais elle attend, sous ce voileQui trahit sa beauté nue,Qu’au ciel la première étoileAnnonce la nuit venue.
Déjà le soleil s’inclineEt dans la mer murmuranteVa, derrière la colline,Mirer sa splendeur mourante.
Et la nature brûléeRespire enfin. La nuit bruneRevêt sa robe étoilée,Et, calme, apparaît la lune.
Versification
- Forme
- 10 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 10(abab)
- Mètre
- Heptasyllabes
- Strophes
- 10 quatrains
- Mots à la rime
- a darde / s’attarde féminine, classiqueb intarissables / sables féminine, classiquea subtile / distille féminine, classiqueb borne / morne féminine, classiquea éclate / écarlate féminine, classiqueb l’hyène / plaine féminine, classiquea troupe / croupe féminine, classiqueb haies / futaies féminine, classiquea creuse / ombreuse féminine, classiqueb pénètre / naître féminine, classiquea lisse / plisse féminine, classiqueb sommeille / vermeille féminine, classiquea rayée / l’ennuyée féminine, classiqueb s’enveloppe / d’antilope féminine, classiquea voile / étoile féminine, classiqueb nue / venue féminine, classiquea s’incline / colline féminine, classiqueb murmurante / mourante féminine, classiquea brûlée / étoilée féminine, classiqueb brune / lune féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
40 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Coffret De Santal, Paris, TRESSE ÉDITEUR, 1879· numérisation poesies.net· Sources