Œuvres comiques galantes et littéraires, 1654· Poésies
A mademoiselle d’Arpajon
Le vol est trop hardi, que mon cœur se propose.Il veut peindre un soleil, par les dieux animé ;Un visage qu’Amour de ses mains a formé,Où des fleurs du printemps la jeunesse est éclose ;
Une bouche où respire une haleine de rose,Entre deux arcs flambants d’un corail allumé ;Un balustre de dents, en perles transformé,Au-devant d’un palais où la langue repose ;
Un front où la pudeur tient son chaste séjour,Dont la fable polie est le trône du jour ;Un chef-d’œuvre où s’est peint l’Ouvrier admirable :
Superbe, tu prétends par-dessus ses efforts !L’éclat de ce visage est l’éclat adorableDe son âme qui luit au travers de son corps.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres comiques galantes et littéraires, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1900· numérisation gallica.bnf.fr· Sources