Poésies, 1896· Souvenirs
Deux voix
Si quelquefois à ma fenêtreJe reste un moment à songer,Quand le jour vient de disparaîtreEt qu'au fond du ciel on voit naîtreLa blanche étoile du berger ;
A cette heure calme et bénie,C'est que j'aime entendre dans l'airMonter la rumeur infinieDe Paris, confuse harmonie,Semblable à celle de la mer.
Ce bruit, fondu par la distance,De tant de voix, de tant de pas,Est-ce un chant ? une plainte immense ?Je ne sais… J'écoute, et je penseAu flot bleu qui brise là-bas.
Si quelquefois sur la falaise,En été, je reste à rêver,Lorsque le vent du soir s'apaiseEt n'est plus qu'un souffle, qui baiseNos cheveux sans les soulever,
C'est qu'à mes pieds l'Océan gronde,Éternellement agité,Et qu'au murmure de son ondeJe songe à la clameur profondeMontant d'une grande cité.
Océan, que nous veux-tu dire ?Sont-ce là des hymnes, des cris ?L'âme du monde qui soupire ?Je ne sais… J'écoute, j'admire,Et je me souviens de Paris.
O vaste mer ! ô ville immense !Mes deux muses, mes deux amours,Ne gardez jamais le silence !Je me tais en votre présence,Mais vous, pour moi, parlez toujours !
Versification
- Forme
- 7 quintils (quintils)
- Rimes
- 7(abaab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 7 quintils
- Mots à la rime
- a fenêtre / disparaître / naître féminine, classiqueb songer / berger masculine, classiquea bénie / infinie / harmonie féminine, classiqueb l'air / mer masculine, classiquea distance / immense / pense féminine, classiqueb pas / là-bas masculine, classiquea falaise / s'apaise / baise féminine, classiqueb rêver / soulever masculine, classiquea gronde / onde / profonde féminine, classiqueb agité / cité masculine, classiquea dire / soupire / j'admire féminine, classiqueb cris / Paris masculine, classiquea immense / silence / présence féminine, classiqueb amours / toujours masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
35 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après poésies, PARIS, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1986· numérisation Project Gutenberg· Sources