Poésies, 1896· Sonnets philosophiques
VIII. Les premiers ages
Quels rêves insensés,‖ formés par les poètes,Ont placé l'âge d'or‖ au berceau des humains ?Nous avons vu s'éteindre,‖ en nos lentes conquêtes,Les siècles par milliers‖ sur nos sombres chemins.
Nous avons combattu‖ de monstrueuses bêtes,Nous avons labouré‖ le sol avec nos mains,Nous avons succombé‖ dans de mornes défaitesSans avoir entrevu‖ les brillants lendemains.
De l'animalité‖ nous dégageant à peine,Alors que nous traînons‖ encor sa lourde chaîne,Pourquoi ce vain regret‖ allant vers le passé ?
L'avenir seul est plein‖ de visions sublimes.Puisqu'un si profond gouffre‖ est enfin traversé,C'est qu'il n'est plus pour nous‖ d'inaccessibles cimes.
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abab abab ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a poètes / conquêtes féminine, classiqueb humains / chemins masculine, classiquea bêtes / défaites féminine, classiqueb mains / lendemains masculine, classiquea peine / chaîne féminine, classiqueb passé / traversé masculine, classiquea sublimes / cimes féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après poésies, PARIS, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1986· numérisation Project Gutenberg· Sources