Œuvres d’Horace, 1796· Chant séculaire
Première partie
Les deux chœurs
O Dieu puissant du Pinde, immortel ApollonQui perças de tes traits le coupable Titye,Tu sus de Niobé punir l’orgueil impieEt ce héros qui fit chanceler Ilion.
Vainement il était du sang d’une Déesse ;Sa lance formidable ébranlait les remparts :Le plus vaillant des Grecs, le favori de Mars,Dès qu’il t’osa braver, reconnut sa faiblesse.
Tel qu’un vieux pin noueux sous la hache abattu,Ou semblable au cyprès courbé par les orages,De son immense corps il couvrit ces rivages,Et dans les champs Troyens il expira vaincu.
Par un lâche artifice il n’eût point conquis Troie ;Il n’eût point à Pallas fait un don mensonger,Et pour vaincre Priam et son peuple légerN’eût point mis à profit leur imprudente joie :
Une torche à la main, à la clarté du ciel,Hélas ! il eût livré Pergame entière aux flammes ;Il aurait égorgé les enfants et les femmes,Ceux même encor cachés dans le sein maternel.
Mais le père des Dieux, vaincu par tes prières,Touché par les soupirs de la mère des Jeux,Permit qu’Énée allât, sous un auspice heureux,Relever les autels et les murs de ses pères.
Toi, qui dans le Sirbès laves tes blonds cheveux,Qui règles des neuf Sœurs la divine harmonie,Accorde quelque gloire aux Muses d’Ausonie :Jeune et bel Apollon, sois propice à nos vœux.
28 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources