A maman, 1920· VI Méditations
Fantôme
On dit : « Je crois toujours la voir ! »On dit : « Je ne la sens pas morte ! »Au fond de son être on la porte,Tendrement, du matin au soir
Est-ce que, vraiment, une mèrePeut quitter son enfant ainsi ?Le tombeau ne nous fait pas tairePour nous, elle est toujours ici
Vous tous qui les pleurez, les vôtres,Désolés indéfiniment,Jeunes et vieux, vous tous, les autresQui dites comme moi : « Maman »,
Comme moi songez-y : mensonge !Oui, je la rappelle tout bas,Celle qu’on ne remplace pas,Et le chagrin latent me ronge,
Mais il le sait si bien, mon cœur,Qu’elle est morte, morte, bien morte.Que si maman ouvrait la porte,Hélas ! je hurlerais de peur !
Versification
- Forme
- 5 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 3(abba) 2(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a voir / soir masculine, classiqueb morte / porte féminine, classiquea mère / taire féminine, classiqueb ainsi / ici masculine, classiquea vôtres / autres féminine, classiqueb indéfiniment / Maman masculine, non classiquea mensonge / ronge féminine, classiqueb bas / pas masculine, classiquea cœur / peur masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.4· écart moyen à la rime classique 0.5
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après A maman, Paris, LIBRAIRIE CHARPENTIER ET FASQUELLE, 1920· Sources